Le château des chasseurs
Sacré périple, cette exploration ... Affublé de ma tenue de traileur, je fais un grand détour pour approcher cet immense château. Je croise un premier chasseur, puis un deuxième, enfin un troisième, tous sympas, soit dit en passant. Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que le château se trouvait au beau milieu d'un domaine de chasse privé. Il fallait juste éviter une bastos au cas où ils viendraient à me confondre avec un sanglier ou un phacochère. Ils sont repérables : chasuble orange fluo, forte odeur de pastis et un mauvais chien qui s'agite autour d'eux. Je me faufile discrètement entre les fourrés pour arriver dans l'antre de ce château datant du XVIIe siècle. Connu pour avoir été le théâtre d'un amour de jeunesse de Napoléon, alors en garnison, le château fut, en bout de course, propriété de l'État algérien. Il l'est toujours d'ailleurs, mais totalement à l'abandon et ouvert aux quatre vents. Seuls les chasseurs y pénètrent encore. À l'issue de ma visite, j'accède au sommet de la tour principale, d'où l'on peut observer tout le domaine, et là, c'est une trentaine de chasseurs avec leurs chiens que je vois, en contrebas, se diriger vers l'une des entrées du château. Cela me remémore le chef-d'œuvre de Jean-Claude Van Damme, "Chasse à l'homme". M'auraient-ils repéré ? Serais-je leur proie ? L'odeur de pastis, de plus en plus forte, pousse mon instinct de survie à me carapater. Une course folle à la JCVD le mulet en moins. Je m'éloigne, l'aboiement des chiens disparaît petit à petit. Je suis sorti d'affaire, mes photos dans la boîte.















